Volvo S40 au 1/10 Kyosho : Le mythe BTCC en version thermique

Lorsque les passionnés de modèles réduits Volvo évoquent les miniatures de compétition, l’esprit s’oriente naturellement vers les vitrines statiques au 1/43 ou au 1/18. Pourtant, la fin des années 1990 a réservé aux amateurs de modélisme dynamique une machine d’exception : la Volvo S40 au 1/10 thermique signée Kyosho. Ce modèle radiocommandé capturait avec panache la silhouette affûtée de la berline engagée par le Tom Walkinshaw Racing (TWR) dans le prestigieux championnat britannique des voitures de tourisme (BTCC).

Une mécanique PureTen sous licence suédoise

Proposée principalement sur la base du célèbre châssis PureTen GP Spider puis GP Alpha, cette reproduction au 1/10 faisait rugir un petit moteur thermique de 2,1 à 2,5 cm³ (notamment les blocs Kyosho GS11R ou GX12 à lanceur intégré). Dotée d’une transmission intégrale à quatre roues motrices par cardans ou courroies selon les évolutions, elle offrait une tenue de piste redoutable, capable d’atteindre des vitesses de pointe remarquables pour l’époque.

Pour les amateurs de sport automobile, piloter cette S40 rappelait immédiatement les exploits de Rickard Rydell, sacré champion en 1998 au volant de sa redoutable monture suédoise. Cette descendance sportive prenait brillamment le relais de la mythique 850 BTCC qui avait tant marqué les esprits quelques saisons auparavant.

Le défi de la carrosserie en polycarbonate

La carrosserie en lexan thermoformé fournie par Kyosho reproduisait fidèlement les proportions musclées de la S40 Super Touring : bouclier avant largement ajouré, bas de caisse profilés et aileron arrière caractéristique monté sur la malle. La livrée officielle, mêlant le bleu suédois, le blanc et les stickers des sponsors d’époque comme Auto Trader et Q8, était reproduite par une planche de décalcomanies très détaillée.

Toutefois, les contraintes du modélisme thermique ont souvent eu raison de ces coques :

  • Les hydrocarbures : Les projections d’huile de ricin et de nitrométhane issues de l’échappement ont tendance à attaquer les peintures mal protégées et à faire jaunir les adhésifs.
  • Les chocs sur piste : Le nez avant et les passages de roues subissaient de plein fouet les touchettes, causant des fissures irréversibles.
  • La rareté des pièces neuves : Les coques d’origine non peintes et les planches de décalcomanies officielles Kyosho sont devenues des pièces de collection très difficiles à dénicher aujourd’hui.

Restaurer ou faire revivre sa S40 Kyosho

Si vous possédez un exemplaire marqué par les années et les runs sur bitume, tout n’est pas perdu. De nombreux passionnés choisissent aujourd’hui de nettoyer minutieusement le châssis en aluminium, de reconditionner la segmentation du petit moteur thermique et d’installer une coque neuve de refabrication pour la mettre en valeur sur étagère. Pour les amateurs de modèles dynamiques de salon moins contraignants que le thermique, d’autres alternatives existent également sur pistes miniatures, à l’image de la S60R SCX conçue pour le circuit routier électrique.

Cette Volvo S40 Kyosho demeure un magnifique témoin d’une époque dorée où les constructeurs automobiles scandinaves n’hésitaient pas à s’associer aux plus grands noms du modélisme pour faire vibrer le cœur des passionnés sur tous les terrains.