Tout amateur de miniatures Volvo s’est un jour heurté à ce dilemme d’érudit : doit-on réserver ses étagères exclusivement aux véhicules badgés du célèbre cercle fléché, ou peut-on y intégrer les créations étrangères animées par des mécaniques de Göteborg ? La question resurgit invariablement lorsqu’on évoque deux icônes des sixties : l’audacieuse britannique Marcos 1800 GT et l’élégante française Facel III.
L’épopée de la Marcos 1800 GT : l’ingénierie suédoise au ras du sol
Dévoilée au milieu des années soixante par Jem Marsh et Frank Costin, la Marcos 1800 se singularisait par une conception hors norme. Dotée d’un châssis monocoque en contreplaqué de marine et d’une carrosserie en fibre de verre extrêmement basse, elle imposait une position de conduite semi-allongée légendaire : les jambes tendues à l’horizontale et le siège calé au plus près du bitume. Pour assurer la fiabilité et le tempérament sportif de leur bolide, les artisans britanniques se tournèrent vers le robuste moteur quatre cylindres B18 de Göteborg, le même bloc qui équipait la célèbre suédoise aux lignes italiennes reproduite par exemple sur la P1800 Norev junior au 43e.
Dans l’univers du modèle réduit, la réplique d’une Marcos 1800 GT constitue une pépite thématique majeure. Plusieurs fabricants artisanaux en résine ou industriels comme Spark et Corgi ont immortalisé cette silhouette spectaculaire. Dès lors que le châssis miniature et la boîte mentionnent explicitement la mécanique Volvo 1800, elle a toute sa légitimité au milieu des berlines et breaks scandinaves.
La Facel III : l’élégance parisienne sauvée par le bloc B18
Le cas de Facel Vega suit une logique similaire. Après les déboires mécaniques du moteur Pont-à-Mousson sur la Facellia, Jean Daninos fit le choix salvateur de la robustesse en intégrant le moteur B18B et la boîte de vitesses Volvo à sa remplaçante, la Facel III. Cette alliance donna naissance à une petite GT raffinée, associant la haute couture automobile française à l’indestructibilité scandinave héritée de la génération Amazon.
Au 1/43e, retrouver une Facel III permet d’illustrer une facette méconnue du constructeur suédois : celle d’un motoriste de premier rang, capable de fournir des mécaniques fiables et nerveuses à des marques de grand prestige.
Pourquoi intégrer ces cousines mécaniques ?
Ouvrir sa collection à ces modèles satellites apporte un relief historique incomparable :
- La mise en valeur de l’organe B18 : Ce moteur a forgé la réputation mondiale de robustesse de Volvo ; le retrouver sous des carrosseries profilées témoigne de son excellence.
- La variété visuelle : Ces coupés bas et acérés tranchent magnifiquement avec les lignes plus carrées ou statutaires des productions habituelles de la marque.
- La rareté documentaire : Posséder ces dérivés raconte une histoire industrielle passionnante et suscite invariablement l’intérêt des connaisseurs lors des visites de vitrines.
Loin d’être des intruses, ces autos d’exception célèbrent le cœur battant de Göteborg sous les habits les plus audacieux du design automobile d’après-guerre.
