Volvo 780 Coupé Bertone par ESDO : montage et évolution du kit en résine

Montage d'un kit résine 1/43 de la Volvo 780 Bertone par ESDO sur un établi de modéliste

Dans l’univers des miniatures scandinaves au 1/43, certains modèles imposent le respect rien que par l’évocation de leur silhouette. La Volvo 780, sublime coupé dessiné et assemblé à Turin dans les ateliers de Bertone, en fait indéniablement partie. Alors que les déclinaisons industrielles en métal injecté se sont fait attendre de longues années, l’artisanat de la résine a comblé les manques de nos vitrines. Aux côtés de fabricants spécialisés comme Tin Wizard ou JMK, l’artisan allemand ESDO a permis aux collectionneurs de donner vie à cette icône suédoise. Toutefois, monter un tel modèle demande une persévérance à toute épreuve.

L’exigence du kit résine artisanal

Assembler un kit en résine n’a rien d’un long fleuve tranquille. Contrairement aux modèles montés d’usine, la pièce brute nécessite un travail préparatoire méticuleux : ébavurage, ponçage minutieux des plans de joint, vérification des ajustements à sec et application d’un apprêt d’accroche soigné. Pour ce coupé d’exception, le défi est d’autant plus relevé que ses lignes épurées et géométriques ne tolèrent aucune imperfection de surface.

Ceux qui ont déjà manipulé les productions de l’artisan, comme la remarquable Volvo 740 Break de chez Esdo, savent que la matière utilisée offre une bonne stabilité dimensionnelle. Pourtant, une erreur d’appréciation lors de la finition peut ruiner de longues heures de labeur. Les écueils classiques guettent toujours l’amateur : des coulures de peinture, un vernis terne ou encore l’application maladroite des chromes qui soulignent les fenêtres. Tenter de reproduire ces fameux encadrements de vitrages à main levée sans masque adhésif découpé au scalpel conduit bien souvent à un résultat brouillon et frustrant.

Périls d’atelier : collage et décapage chimique

Une des règles fondamentales du modélisme résine concerne le choix de la colle pour les surfaces transparentes. L’utilisation d’une colle pour maquette plastique standard est à proscrire impérativement : non seulement elle ne crée aucune adhérence structurelle solide sur la résine polyuréthane, mais ses vapeurs solvantées blanchissent irrémédiablement le rhodoïd des vitres. Le recours à une colle blanche vinylique ou à une résine époxy bicomposant incolore est indispensable pour préserver la netteté des surfaces vitrées.

Lorsqu’une teinte tourne mal ou qu’un assemblage déraille, la tentation de tout reprendre à zéro impose une épreuve redoutée : le décapage intégral. Contrairement aux miniatures en zamak qui résistent aux bains de diluant le plus agressif, la résine impose la prudence. Pourtant, la résine dense employée sur les tirages ESDO réserve une excellente surprise : après un premier nettoyage à l’alcool à brûler pour éliminer le gros des pigments synthétiques, un bref passage à l’acétone permet de retrouver la matière brute sans ramollir ni déformer la caisse, sous réserve d’un rinçage immédiat à l’eau claire.

Comparatif des tirages : l’évolution salutaire du kit ESDO

Au fil de sa commercialisation, ESDO a fait évoluer son moule pour faciliter la vie des monteurs. Si la silhouette globale demeure fidèle au trait magistral de Nuccio Bertone, les deux versions successives du kit présentent des écarts de conception notables :

  • Les garnitures intérieures : La première mouture intégrait les contreforts de portières directement moulés avec la coque, compliquant affreusement la mise en peinture bicolore de l’habitacle. La seconde version bénéficie de contre-portes distinctes à coller indépendamment, autorisant un niveau de détail bien supérieur pour imiter le cuir luxueux de la sellerie italienne.
  • Les blocs optiques arrière : Initialement, les feux striés étaient gravés à même la résine, imposant une séance de mise en couleur au pinceau ultra-fin réservée aux mains les plus expertes. La mise à jour propose une surface parfaitement plane accompagnée de décalcomanies photoréalistes, garantissant un rendu impeccable des clignotants et feux stop.
  • La planche de marquages : Le kit revisité s’enrichit des monogrammes « Volvo » et des armoiries spécifiques « Bertone », absents du premier tirage.
  • Le mobilier de bord : Le volant, autrefois livré dans un plastique souple peu convaincant, cède sa place à une pièce fine en métal blanc du plus bel effet.

Une place de choix dans la lignée des coupés scandinaves

Cette Volvo 780 ESDO mérite amplement que l’on brave les difficultés de son montage. Face à d’autres interprétations de prestige, telle que la 780 Bertone Tin Wizard en métal blanc, la variante en résine ESDO affiche une finesse de gravure et une tension des volumes tout à fait remarquables. Elle fait écho à une autre création légendaire du carrossier italien, la fameuse Volvo 262 Bertone Coupé en résine de chez JMK, en illustrant le passage de l’esthétique anguleuse des années soixante-dix vers le raffinement épuré de la fin des années quatre-vingt. Avec sa teinte bleu nuit métallisé rehaussée d’un intérieur beige, la belle suédoise récompense amplement le collectionneur méticuleux.

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