Dans l’univers des répliques d’automobiles suédoises, la maison d’édition américaine Danbury Mint évoque immédiatement des reproductions métalliques d’une précision chirurgicale, rivalisant avec les standards les plus exigeants, comme on peut le constater sur le marché prestigieux où règnent souvent les américaines au 1:18 et au 1:24. Pourtant, au détour des années 1980 et 1990, l’éditeur a exploré d’autres supports artistiques à travers des collections par souscription mensuelle. L’une des pièces les plus énigmatiques demeure une déclinaison de la Volvo P1800S, issue de la collection thématique Les voitures classiques et sportives du monde.
Plâtre ou résine composite : la vérité sur la matière
De nombreux collectionneurs désignent ce modèle sous le terme générique de modèle « en plâtre ». En réalité, Danbury Mint utilisait pour cette gamme un procédé de moulage à froid à base de résine minérale, couramment appelé cold-cast porcelain ou composite céramique. Ce matériau spécifique combine la finesse de moulage de la résine avec la densité, le toucher froid et la lourdeur minérale du plâtre d’art ou de la porcelaine.
Ce choix technologique permettait de retranscrire avec exactitude les galbes si particuliers du coupé suédois dessiné par Pelle Petterson. Les célèbres ailes arrière pointées vers le ciel, la calandre ovale caractéristique et la baguette latérale incurvée sont fidèlement restituées dans la masse, offrant un rendu sculptural presque statuaire qui tranche nettement avec la production industrielle en zamac.
Une approche décorative du coupé scandinave
Contrairement aux modèles de jeu traditionnels ou aux pièces montées en kit, à l’image de la légendaire Volvo P1800 S en version kit par Dinky Toys, la P1800S de Danbury Mint n’a aucune vocation ludique. Ses roues sont fixes et intégrées au moule, et la caisse repose généralement sur un socle feutré ou un support de présentation en bois sombre gravé d’une plaque descriptive.
L’échelle oscille aux alentours du 1:43, bien que le format ait été pensé pour une exposition en vitrine murale dédiée. La finition est soignée, souvent rehaussée de peintures appliquées à la main pour souligner les pare-chocs « moustaches », les entourages de vitres et les feux arrière. L’ensemble capture le charme intemporel de la P1800, digne héritière de la première sportive de la marque, la confidentielle Volvo P1900.
Conservation, cote et état sur le marché secondaire
Cette sculpture suscite aujourd’hui un véritable intérêt auprès des amateurs d’objets atypiques Volvo. Sa fragilité intrinsèque en fait toutefois une pièce difficile à dénicher en parfait état :
- La vulnérabilité aux éclats : Le matériau minéral ne tolère pas les chocs. Les pointes d’ailes, les rétroviseurs et les arêtes des pare-chocs présentent régulièrement de micro-écaillures si le modèle a été manipulé sans précaution.
- La dispersion des séries : Vendue exclusivement sur abonnement postal direct, cette collection n’a pas bénéficié du réseau de distribution des boutiques de modélisme, rendant son recensement complexe.
- La cote : Souvent sous-estimée dans les bourses généralistes, elle se négocie entre 25 et 50 euros selon la présence de son certificat d’authenticité et l’intégrité de la peinture d’origine.
Objet décoratif autant que modèle de collection, cette P1800S Danbury Mint témoigne de l’époque florissante des séries par correspondance et apporte une touche d’originalité artistique indéniable au sein d’une thématique consacrée aux sportives de Göteborg.




