Dans le panthéon des carrossiers indépendants des années 1960, le Belge Jacques Coune occupe une place d’honneur. Établi à Bruxelles, l’homme était capable de métamorphoser des voitures de série en pièces d’orfèvrerie automobile, à l’image de ses célèbres coupés sur base MGB. Mais pour les amoureux de la firme de Göteborg, c’est avant tout sa transformation de la suédoise en cabriolet qui force l’admiration. Alors que l’usine n’a jamais décliné officiellement la berline sous cette forme découvrable, Coune en réalisa quatre exemplaires authentiques au début des sixties. Autant dire que dénicher une réplique miniature de cette silhouette relève du défi absolu.
L’œuvre artisanale d’Amazoniac sous la loupe
Cette interprétation très confidentielle de la Coune est le fruit du travail méticuleux d’Amazoniac. Conçue sous la forme d’une série limitée à seulement soixante exemplaires numérotés, cette pièce marie habilement une base métallique en zamac et des éléments spécifiques moulés en résine. Le résultat confère à la pièce une légèreté surprenante au creux de la main, mais surtout une finesse de ligne qui respecte scrupuleusement le profil étiré du cabriolet d’origine.
Ce qui frappe immédiatement l’œil de l’amateur, c’est l’ingéniosité des solutions retenues pour reproduire les éléments de finition. La calandre spécifique, découpée avec une netteté remarquable, met en valeur des blocs optiques avant d’une inventivité sans pareille : l’artisan a employé de minuscules rondelles métalliques concaves délicatement polies. Sous la lumière d’une vitrine, ce tour de main crée un effet de profondeur et de brillance que bien des productions industrielles modernes peinent à égaler. Les trains roulants ne sont pas en reste, arborant des enjoliveurs impeccables chaussés de pneumatiques aux flancs blancs qui soulignent le standing bourgeois de la belle suédoise.
Un niveau de finition saisissant jusqu’à la sellerie
À bord, le soin apporté aux teintes et aux volumes est remarquable. La sellerie bicolore retranscrit fidèlement le charme des intérieurs d’époque de la mythique Volvo Amazon. L’un des plus grands tours de force de cette pièce réside sans nul doute dans le traitement de la capote repliée sur la plage arrière. La texture granuleuse du vinyle souple est imitée avec un réalisme déconcertant, tandis que de microscopiques billes rapportées figurent les boutons-pression d’ancrage avec une exactitude chirurgicale.
Sur la malle arrière, le jonc chromé intègre même le monogramme de la marque avec une lisibilité étonnante pour une production d’atelier. Cette rigueur rappelle d’autres réalisations d’artisans passionnés qui ont jalonné l’histoire de la miniature nordique, à l’image des séries signées par Andre Models ou des interprétations exclusives comme la fameuse Volvo P1900 par BBR.
Une pièce introuvable qui affole les compteurs
Avec un tirage mondial aussi restreint, ce cabriolet Coune figure sans conteste parmi les Graals des amateurs de carrosseries scandinaves exclusives. Dès son apparition sur les forums spécialisés, le modèle a suscité l’émoi des collectionneurs les plus avertis. Nombreux sont ceux qui ont cru voir là une grande échelle tant les proportions et la richesse des détails trompent l’œil du photographe.
Aujourd’hui, ces soixante exemplaires dorment pour la plupart dans des collections privées très fermées. Les transactions de gré à gré restent rarissimes, et lorsqu’un exemplaire refait surface lors d’une succession ou d’une vente spécialisée, les enchères s’envolent bien au-delà de toute cote officielle. C’est le privilège des chefs-d’œuvre d’artisans : plus qu’un simple objet de vitrine, cette Amazon cabriolet incarne la passion pure du modélisme où chaque détail raconte une histoire d’ingéniosité et de patience.




