Volvo 240 Limousine par PMC : autopsie d’une résine aux finitions contrastées

Miniature au 1/43 de la Volvo 240 Limousine marron sur un plan de travail d'atelier

La déclinaison à empattement rallongé de la berline suédoise, qu’elle soit badgée 264 TE ou 240 Limousine carrossée à l’origine par les ateliers Yngve Nilsson à Laholm, fascine les passionnés d’histoire automobile. Alors qu’un premier tour d’horizon présentait les charmes de cette 240 limousine atypique, les retours d’expérience en vitrine révèlent des réalités moins flatteuses concernant la production en résine au 1/43 signée PMC (Paul Model Collectibles).

Une fabrication sous-traitée chez Jiarun Model

Distribuée sous le label PMC, cette réplique haut de gamme provient en réalité des chaînes de production de l’usine chinoise Jiarun Model, située à Shenzhen. Cette structure industrielle fabrique régulièrement pour des commanditaires occidentaux de petites séries en résine polyuréthane. Cependant, si le travail de sculpture de la caisse respecte l’élégance statutaire de cette limousine, la phase d’assemblage manuel souffre de lacunes évidentes de contrôle qualité.

Sur plusieurs exemplaires livrés aux collectionneurs, notamment sur les teintes sombres comme le marron métallisé ou le noir exécutif, les mêmes avaries ont été documentées dès la réception ou après quelques mois en vitrine thermique ambiante.

Les défauts récurrents relevés sur le modèle

Le principal grief concerne la tenue des vitrages latéraux. Réalisés en film acétate thermoformé transparent, ces derniers ont une fâcheuse tendance à se décoller spontanément aux angles. Le problème provient de l’utilisation d’une quantité insuffisante de colle, mais surtout d’un liant inadapté aux contraintes mécaniques et à la résine peinte.

D’autres détails de finition ternissent l’impression générale :

  • L’aspect de la calandre avant : Traitée sous forme de décalcomanie ou de film imprimé sans relief suffisant, la calandre offre un rendu plat qui manque cruellement de profondeur par rapport aux chromes photogravés habituels sur ce segment de prix.
  • La jonction châssis-carrosserie : L’alignement entre le soubassement et la caisse présente parfois des jours disgracieux au niveau des passages de roues et des bas de caisse centraux, trahissant un calage approximatif des vis de fixation.
  • La fragilité des petits accessoires : Rétroviseurs et essuie-phares supportent mal les manipulations lors du déballage.

Ces imperfections rappellent combien la maîtrise artisanale de la résine était encore inégale à cette période de transition, un constat qui tranche avec les miniatures industrielles contemporaines ou d’autres carrosseries d’exception comme la prestigieuse 262 coupé réalisée à l’époque chez Bertone.

Conseils d’atelier : sauver et restaurer sa 240 Limousine

Pour les amateurs qui possèdent cette pièce et constatent un décollement des vitrages latéraux, une intervention soignée s’impose afin d’éviter d’endommager la carrosserie :

  1. Bannir formellement la colle cyanoacrylate (Super Glue) : Les émanations de solvant provoqueraient un voile blanc irréversible sur les vitres en plastique transparent.
  2. Privilégier la colle blanche à bois (PVA) ou la colle spéciale modélisme pour verrières (canopy glue) : Ces colles deviennent parfaitement transparentes après séchage, ne blanchissent pas la matière et se nettoient facilement à l’eau en cas de bavure.
  3. Maintenir une pression légère : Utilisez une bande adhésive de masquage à faible pouvoir collant le temps de la prise pour garantir un placage net du film transparent contre l’encadrement peint.

Malgré ces fragilités d’assemblage, la 240 Limousine de Jiarun/PMC demeure une reproduction indispensable pour qui cherche à documenter l’ensemble des déclinaisons de prestige de Göteborg, tout comme les modèles présidentiels qui ont plus tard inspiré la descendance de la Volvo série 700.

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