Dévoilé à la fin des années 1990, le cabriolet C70 de première génération a marqué une véritable révolution stylistique chez le constructeur suédois. Conçu sur la plate-forme technique issue de la berline 850 — que l’on apprécie tant sous les traits du break Volvo 855 Minichamps —, ce modèle à ciel ouvert perpétuait le prestige des coupés bourgeois initié par la Volvo 262 Coupe Bertone, tout en rompant résolument avec les arrêtes tranchées du passé. À l’échelle 1/43, deux fabricants se sont particulièrement illustrés pour reproduire sa silhouette élancée : Minichamps avec sa version millésimée 1997, et De Agostini via sa collection presse représentant une version de 1998.
Deux modèles sous une même teinte argent métallisé
Pour un face-à-face équitable, l’analyse comparative s’appuie sur deux miniatures habillées d’une élégante robe gris argenté. Au premier coup d’œil, les gabarits et les proportions générales semblent quasi identiques. L’œil exercé remarque néanmoins une nuance de carrosserie immédiate : la C70 de De Agostini arbore un discret becquet aérodynamique intégré sur la malle de coffre, caractéristique du modèle 1998, tandis que la Minichamps de 1997 présente une poupe parfaitement lisse.
L’épreuve des détails extérieurs
C’est en se penchant sur les pièces rapportées que les différences entre les deux philosophies industrielles se révèlent pleinement :
- Les roues et le freinage : Minichamps propose des jantes aux branches nettement plus fines et fidèles, mais fait curieusement l’impasse sur la gravure des disques de freins. De Agostini adopte des branches un peu plus épaisses, mais compense par la présence visible des disques et étriers derrière les rayons.
- Les rétroviseurs et vitrages : Les rétroviseurs Minichamps sont moulés en plastique rigide bien aligné, alors que ceux de la série presse utilisent un polymère plus souple, parfois sujet à de légères torsions d’origine. Le pare-brise de Minichamps brille également par une clarté optique supérieure et un encadrement plus net.
- L’éclairage : Le traitement des feux antibrouillard diffère dans la technique d’insertion. À l’arrière, Minichamps fait la différence grâce à des blocs optiques translucides intégrant des teintes argentées dans la masse du plastique, là où De Agostini recourt à une tampographie argentée plus basique.
À ciel ouvert : la minutie de l’habitacle
Sur un cabriolet réduit, la qualité de l’intérieur est primordiale puisqu’elle reste en permanence exposée aux regards en vitrine. La Minichamps, parée d’une sellerie noire sobre, surclasse sa concurrente sur le plan des finitions. Les marquages du tableau de bord, les décalcomanies d’instruments et les aérateurs bénéficient d’une finesse chirurgicale. Elle intègre même la reproduction des boucles et sangles de ceintures de sécurité à l’arrière. L’exemplaire De Agostini, séduisant par son harmonie intérieure beige crème, offre un rendu flatteur mais simplifié, souffrant par ailleurs de légers plans de joint de moulage sur les assises.
Même constat sous le châssis : bien que les deux soubassements soient gravés de manière honorable, le fabricant allemand prend l’avantage en peignant distinctement la ligne et la sortie d’échappement, ajoutant ce surcroît de réalisme très recherché des passionnés de belles finitions, tout comme sur les déclinaisons de la sportive Volvo 480 ES.
Le piège des bourses d’échange et la cote
À l’époque de leur distribution respective, le rapport qualité-prix constituait un gouffre : la diffusion en kiosque De Agostini s’obtenait pour une somme modique d’environ cinq euros, tandis que le boîtage Minichamps réclamait environ 35 euros en magasin spécialisé. En vitrine fermée, l’illusion du modèle économique fonctionne très honorablement. Prenez garde toutefois lors de vos achats de seconde main : certains vendeurs peu scrupuleux n’hésitent pas à installer la base De Agostini dans une boîte plexiglas Minichamps pour justifier un tarif prohibitif. Repérez la couleur de l’habitacle, la flexibilité des rétroviseurs et le petit spoiler arrière pour identifier immédiatement la véritable origine de votre future acquisition.




