Lorsque l’on évoque la genèse de la marque de Göteborg, le cabriolet ÖV4 de 1927, affectueusement surnommé Jakob, s’impose immédiatement à l’esprit. Pourtant, la plateforme à quatre cylindres conçue par Assar Gabrielsson et Gustaf Larson ne s’est pas limitée aux promenades à ciel ouvert. Dès les premiers mois de production, de robustes déclinaisons utilitaires et camionnettes artisanales ont vu le jour pour répondre aux rudes exigences du marché scandinave. En miniature au 1/43, cette silhouette de labeur reste une rareté absolue, magistralement immortalisée par l’artisan britannique Somerville Models sous la forme d’un kit en métal blanc.
L’artisanat britannique au service du patrimoine suédois
Fondée par Doug McHard, la maison Somerville s’est taillé une réputation d’excellence dans le monde du modèle artisanal, aux côtés de griffes réputées comme Robeddie. Contrairement à la grande série industrielle injectée sous pression, le travail du white metal chez Somerville offre une densité incomparable et une finesse de gravure que les collectionneurs avertis apprécient immédiatement en main.
Ce kit de l’ÖV4 Pickup se démarque par la propreté remarquable de son ébavurage initial. Les lignes de moulage sont discrètes, le métal est sain et les retraits de matière sont quasi inexistants. Pour l’amateur habitué aux kits artisanaux complexes, le déballage de cette boîte réserve une belle surprise : les ajustements à blanc entre la cabine, le plancher et la benne arrière tombent avec une précision remarquable.
Anatomie détaillée du kit Somerville
Le contenu du sachet témoigne d’une conception pensée pour le monteur méticuleux. L’ensemble regroupe plusieurs sous-groupes essentiels :
- La carrosserie et la benne : la cabine ouverte conserve l’avant caractéristique de la Jakob, prolongée par une caisse de chargement utilitaire aux ridelles finement texturées.
- L’habitacle minimaliste : une banquette sobre, le tablier avant, le pédalier sommaire ainsi qu’un tableau de bord d’époque accueillant un volant à quatre branches très fidèlement dimensionné.
- La baie de pare-brise : un cadre métallique séparé d’une grande finesse, qui requiert un polissage soigné avant la pose de l’acétate transparent.
- Le train roulant et les jantes : les roues à rayons d’artillerie, typiques des années 1920, bénéficient d’une gravure profonde au niveau des moyeux et des écrous.
Particularité savoureuse pour qui assemble ce modèle : la notice fournie dérive directement de celle de la torpédo ÖV4 classique. L’artisan y a simplement rayé à la main les pièces spécifiques au cabriolet de tourisme qui ne figurent pas dans la boîte du pickup, une marque d’artisanat à l’ancienne pleine de charme.
Conseils d’assemblage et mise en valeur
Avant d’appliquer le moindre apprêt, un dégraissage minutieux au liquide vaisselle ou à l’essence minérale s’impose pour éliminer les résidus de talc de démoulage. Un apprêt phosphatant spécial métaux blancs garantira ensuite l’accroche durable de la peinture. Pour rester fidèle aux premières carrosseries utilitaires sorties de Lundby, une teinte sobre — bleu nuit suédois ou gris atelier — associée à un traitement patiné des lattes de bois de la benne donnera une allure spectaculaire au modèle fini.
Ce pickup constitue un jalon historique incontournable pour quiconque étudie l’évolution des utilitaires de la marque, bien avant l’avènement des fourgonnettes dérivées de la populaire Volvo PV 444. C’est le genre de modèle de niche que l’on ne croise que dans les vitrines les plus pointues, comme celles répertoriées sur ce site d’un collectionneur Volvo en Suède.




