Volvo 854 BTCC au 1/10e par Tamiya : le mythe de la berline radiocommandée

Modèle radiocommandé Tamiya au 1/10e de la Volvo 854 berline aux couleurs BTCC

Dans l’univers du modélisme radiocommandé, la marque japonaise Tamiya a souvent fait figure de pionnière en célébrant des montures de course atypiques. Si la version break avait déjà créé la surprise sur les circuits du championnat britannique des voitures de tourisme (BTCC), la berline Volvo 854 BTCC au 1/10e commercialisée au milieu des années 1990 demeure l’une des pièces les plus convoitées par les passionnés de la marque suédoise.

La berline 850 BTCC : l’audace technique signée Tamiya

Lancé sous la référence 58183 en 1996, ce modèle réduit ne se contentait pas d’adopter les lignes trapues et anguleuses de la berline scandinave. Tamiya fit le choix audacieux d’installer cette carrosserie sur sa célèbre plateforme FF-01, une mécanique à deux roues motrices avant. Pour les puristes, ce choix représentait le summum de l’authenticité : la véritable berline engagée par l’écurie Tom Walkinshaw Racing (TWR) transmettait en effet toute sa fougue sur le train antérieur.

Le moteur électrique monté en porte-à-faux avant confère à ce châssis un comportement routier typique, caractérisé par un sous-virage réaliste en entrée de courbe et une remarquable stabilité en sortie de virage. Sorti de boîte avec un moteur standard de type 540, le modèle atteignait environ 35 km/h, mais de nombreux pilotes amateurs ont rapidement optimisé les suspensions et les motorisations pour approcher des vitesses bien supérieures.

Une carrosserie en lexan d’une fidélité chirurgicale

Ce qui frappe immédiatement l’amateur de miniatures, c’est la rigueur apportée à la sculpture du polycarbonate. Tamiya a su capter la posture agressive de la 850 de course : caisse rabaissée, bouclier avant percé d’écopes d’air, aileron de coffre spécifique et jantes à bâtons multiples reproduisant à merveille les célèbres roues de compétition de 19 pouces.

La planche d’autocollants fournie d’origine permettait de reproduire fidèlement les livrées officielles de la saison 1995/1996 du BTCC. Deux configurations de pilotes étaient proposées :

  • La voiture numéro 15 pilotée par le Suédois Rickard Rydell, identifiable à son bandeau de pare-brise teinté de bleu ;
  • La voiture numéro 35 du Britannique Kelvin Burt, arborant un bandeau blanc immaculé.

Cette distinction ravit encore aujourd’hui les amateurs de répliques exactes, même si plusieurs modélistes choisissent de peindre cette carrosserie dans les coloris d’origine du catalogue routier, comme le fameux jaune pâle T-5R, ou de l’exposer aux côtés de modèles statiques tels qu’une Volvo 850 pour apprécier les proportions sous différents angles.

Face à la concurrence : Kyosho et Parma en retrait

Tamiya ne fut pas le seul constructeur à s’intéresser au phénomène 850 en radiocommande. Des fabricants comme Kyosho ou encore l’américain Parma ont également proposé des carrosseries de la berline suédoise à l’échelle 1/10. Néanmoins, ces alternatives souffraient d’un manque criant de précision. Les arrêtes étaient souvent adoucies à l’excès, le pavillon manquait de hauteur et les découpes de calandre restaient simplistes par rapport à la finesse chirurgicale du moule Tamiya.

Cette supériorité esthétique explique pourquoi les coques Tamiya non peintes, encore sous blister avec leurs décalcomanies d’origine, atteignent des sommets sur le marché de la collection, contrastant avec des productions plus courantes ou grand public comme les S60R et C70 R/C Nikko au 1/12e.

Entre vitrine et piste contemporaine

Aujourd’hui, faire rouler une carrosserie originale de 854 Tamiya relève presque du sacrilège tant le plastique devient cassant avec le temps. Les collectionneurs chevronnés réservent généralement un exemplaire vierge pour la mise en vitrine, tandis que les adeptes de drift ou de vitesse montent des rééditions ou des carrosseries usagées sur des plateformes modernes en carbone signées XRAY ou Tamiya TT-02. Qu’elle soit statique ou en pleine glisse sur bitume, la berline suédoise conserve une présence scénique indémodable.

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