Pour quiconque voue une passion sincère à l’histoire automobile suédoise, la Volvo ÖV4 — affectueusement surnommée « Jakob » — représente le point de départ absolu. C’est le 14 avril 1927 que ce premier modèle découvrable quitta les ateliers de Lundby à Göteborg. Pour transposer une telle icône dans l’univers de la collection à l’échelle 1:43, peu de fabricants pouvaient prétendre à la rigueur et au charme d’un artisan britannique légendaire : Somerville Models.
L’artisanat d’art selon Somerville
Fondée par Doug McHard dans le Bedfordshire, la maison Somerville s’est taillé une réputation immaculée auprès des collectionneurs avertis grâce à son travail pionnier du white metal (métal blanc). Loin de la production industrielle de masse que l’on observe sur une 144 Police, par IXO ou des créations moulées modernes telles qu’une Volvo V40 en resin de chez JMK, Somerville proposait des pièces lourdes, nobles et dotées d’une présence inimitable en vitrine.
La reproduction de l’ÖV4 Jakob par Somerville se décline sous plusieurs variantes de présentation, qu’il s’agisse de modèles montés en usine (factory built) ou de kits à assembler par des amateurs éclairés. La robe bleu nuit profond, contrastée par les ailes noires et les fines roues d’artillerie en bois fidèlement reproduites, confère à cette miniature une allure muséale qui transcende le simple statut de jouet ou d’objet de série.
Une précision d’orfèvre pour une ancêtre
L’observation détaillée de ce modèle met en lumière un respect scrupuleux de l’anatomie de l’ancêtre de Göteborg :
- La calandre emblématique : La barre diagonale portant le symbole du fer est ciselée avec netteté, respectant la finesse des premiers prototypes historiques.
- L’habitacle torpédo : La sellerie et le volant à quatre branches traduisent la rusticité luxueuse des années 1920 avec des teintes de cuir patiné saisissantes.
- Les éléments photo-découpés et nickelés : Les optiques proéminentes et le pare-brise droit rabattable sont réalisés avec des pièces en métal argenté qui résistent remarquablement bien au vieillissement.
L’évolution de la cote et du marché
Si à l’époque de sa commercialisation la miniature s’adressait déjà à un public restreint en raison de son tarif élitiste, force est de constater que la disparition de Somerville a fait bondir l’intérêt pour cette référence. Trouver un exemplaire d’origine monté d’usine, complet avec sa boîte en carton beige caractéristique et ses mousses de protection intactes, est devenu une gageure sur les plateformes de vente et dans les bourses d’échange internationales.
Contrairement aux modèles anciens où la recherche de pièces de rechange pour les modèles Tekno est monnaie courante pour pallier les chocs du temps, les modèles Somerville ont généralement bénéficié d’un soin jaloux de la part de leurs propriétaires. Cependant, un kit mal assemblé ou reverni peut voir sa valeur divisée par deux comparé à une pièce officielle sortie d’atelier. La cote reflète aujourd’hui ce statut de rareté muséographique, oscillant à des niveaux records dès lors que l’état cosmétique est irréprochable.
Le pilier d’une collection Volvo thématique
Dans une vitrine ordonnée chronologiquement, faire l’impasse sur l’ÖV4 reviendrait à écrire l’histoire de la marque en sautant le premier chapitre. L’interprétation de Somerville demeure, des décennies après sa conception, la version la plus authentique et la plus touchante de cette pionnière suédoise. Posséder ce modèle, c’est détenir à la fois un pan de la genèse de Volvo et un témoignage de l’âge d’or des maîtres artisans du modèle réduit britannique.




