La Volvo P1800 par Juguetes Don Carmelo : une curiosité argentine au 1/24

Miniature en plastique de la Volvo P1800 au 1/24 fabriquée par Don Carmelo en Argentine

Lorsque l’on explore le vaste univers des reproductions réduites de la firme de Göteborg, on s’attend généralement à croiser des fabricants scandinaves comme Stahlberg ou Robur, des artisans européens ou les grands noms industriels asiatiques. Pourtant, l’histoire du modélisme réserve parfois des escales géographiques pour le moins inattendues. C’est exactement le cas avec cette rarissime déclinaison de la Volvo P1800 au 1/24, façonnée en Argentine par la firme Juguetes Don Carmelo.

Une P1800 au pays du tango : le contexte historique

L’existence d’une reproduction de coupé suédois au cœur de l’Amérique du Sud dans les années 1960 et 1970 peut sembler totalement anachronique. À cette époque, le marché automobile argentin était fortement protégé par des barrières douanières, limitant les importations de véhicules réels aux productions assemblées localement ou à quelques exceptions diplomatiques. De fait, la vraie Volvo P1800 n’a jamais hanté les avenues de Buenos Aires en nombre significatif.

Pour comprendre l’intérêt d’un fabricant de jouets local pour ce coupé scandinave, il faut se tourner vers le petit écran. La diffusion mondiale de la série télévisée Le Saint (El Santo en version hispanophone), portée par Roger Moore, a suscité un engouement planétaire pour la monture blanche du héros. Les industriels du jouet sud-américains ont rapidement capitalisé sur cette notoriété télévisuelle. Don Carmelo, atelier réputé pour ses jouets en plastique soufflé et injecté, s’est donc lancé dans la confection d’une interprétation populaire de cette icône sportive.

L’artisanat du plastique selon Don Carmelo

Le modèle commercialisé par Juguetes Don Carmelo s’inscrit pleinement dans la tradition des jouets dits de « bazar » de la seconde moitié du XXe siècle. Contrairement aux miniatures en zamak finement gravées destinées aux vitrines d’exposition, cette P1800 était pensée pour le jeu d’enfant :

  • Matériau : une carrosserie moulée d’une seule pièce en matière plastique semi-rigide (polyéthylène ou polystyrène teinté dans la masse), arborant des teintes souvent vives ou immaculées.
  • Échelle : un format généreux oscillant autour du 1/24, offrant une présence visuelle imposante par rapport aux traditionnelles miniatures au 1/43. Si vous aimez sortir des standards, cette pièce dialogue à merveille avec notre panorama sur les Volvo dans les autres échelles.
  • Finition : vitrages simplifiés en plastique translucide, pare-chocs et calandre thermoformés ou argentés, et châssis rudimentaire fixé par rivetage chaud ou emboîtement direct.
  • Mécanisme : plusieurs versions ont existé, les unes montées sur de simples axes libres pour le roulage sur moquette, d’autres intégrant un moteur à friction rudimentaire entraînant l’essieu arrière.

Malgré des proportions parfois généreuses et un respect tout relatif des courbes subtiles dessinées par Pelle Petterson, le charme opère instantanément. L’avant reconnaissable avec ses phares ronds protubérants et ses ailerons arrière caractéristiques confèrent à cette pièce une personnalité brute et attachante, semblable à certaines pièces énigmatiques recensées parmi ces Volvo d’un fabricant inconnu.

Conseils pour dénicher et préserver cette rareté

Mettre la main sur un exemplaire signé Don Carmelo relève aujourd’hui d’un véritable jeu de patience. Ces miniatures n’ont jamais bénéficié de réseaux d’exportation vers l’Europe lors de leur production originale. Les rares pièces qui apparaissent sur le marché international proviennent de collectionneurs locaux ou de déstockages d’anciens grossistes de la région de Córdoba ou de Buenos Aires.

Si vous envisagez d’acquérir une telle curiosité, soyez attentif à plusieurs points clés :

  1. La déformation thermique : le plastique utilisé à l’époque réagit mal à l’exposition prolongée aux fortes chaleurs ou aux rayons directs du soleil, pouvant gauchir les montants de pavillon.
  2. L’état des pare-chocs : les pièces en plastique argenté ou métallisé vieillissent souvent prématurément, perdant leur couche brillante sous l’effet de l’oxydation superficielle.
  3. L’authenticité des marquages : vérifiez toujours le lettrage moulé en creux sous le plancher mentionnant l’origine argentine ou la marque commerciale Don Carmelo.

Tout comme les tirages singuliers de marques méconnues, à l’image des Volvo produites par LKE à l’échelle 1:36, cette P1800 sud-américaine prouve que l’histoire du modélisme Volvo regorge de trésors insoupçonnés qui méritent toute leur place dans une collection thématique avisée.

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