L’échelle 1:87 (HO) réserve régulièrement d’excellentes surprises aux collectionneurs de la marque suédoise. Si les grands industriels allemands comme Brekina, Wiking ou Herpa couvrent brillamment les modèles les plus emblématiques, certains pans de l’histoire automobile scandinave restent délaissés par les catalogues de grande diffusion. C’est précisément là qu’interviennent les artisans indépendants, à l’image de la petite structure allemande Miniaturen Manufaktur, qui s’est fait remarquer avec des kits en résine particulièrement alléchants et très abordables.
Une gamme axée sur les configurations inédites
Le catalogue de ce fabricant alternatif s’adresse directement aux modélistes souhaitant sortir des sentiers battus. Parmi les références Volvo proposées sous forme de kits bruts, on retrouve plusieurs modèles marquants :
- La Volvo 66 Break, déclinaison familiale rarissime à cette échelle, héritière directe de la DAF 66.
- La Volvo PV444 Cabriolet, inspirée des carrosseries spéciales réalisées à l’époque par des carrossiers indépendants comme Valbo.
- La Volvo PV444 berline standard.
- La Volvo P210 Duett, déclinée en version vitrée traditionnelle et en fourgonnette tôlée (Panel Van).
Face à une telle sélection, le collectionneur avisé doit faire le tri. Pour les Duett, la question de l’intérêt d’un kit résine se pose légitimement face à l’offre industrielle. Brekina propose en effet des miniatures injectées remarquables, aux finitions soignées et souvent bicolores. En revanche, pour explorer les Volvo des années 30 à 50 à l’échelle 1/87 ou combler un vide sur des déclinaisons carrossées hors série, le recours à ces tirages artisanaux devient incontournable.
Anatomie d’un kit : simplicité et minutie
Commercialisés aux alentours d’une dizaine d’euros, ces modèles sont moulés selon une architecture classique pour la petite échelle. Chaque kit se compose de trois éléments principaux en résine polyuréthane : la carrosserie monobloc, le châssis intégrant l’aménagement intérieur sommaire, et les surfaces vitrées thermoformées. Les essieux et pneumatiques ne sont pas fournis, ce qui permet à l’amateur de piocher dans sa boîte à surplus ou d’utiliser des roues de récupération issues de banques d’organes Herpa ou Brekina.
À l’ouverture du sachet, le tirage de la carrosserie se révèle net, sans bulles majeures ni déformations criantes. Le travail d’ébavurage et de préparation avant peinture reste minime, ce qui est un excellent point pour un fabricant de cette envergure. Cette approche démocratique du kit rappelle les initiatives d’autres artisans européens, comme on l’a vu avec les séries de Volvo 265 Break en résine par JMK, qui explorent également des carrosseries boudées par les grandes marques.
Focus d’atelier : le cas de la PV444 Cabriolet Valbo
Le montage de la PV444 cabriolet demande un soin tout particulier. Lors de la manipulation du modèle brut, les montants du pare-brise s’avèrent d’une grande fragilité : une pression maladroite lors du ponçage ou du dégraissage peut briser net la résine fine. Une manipulation à l’aide de pinces de précision et un renfort temporaire au mastic ou à la cire sont vivement conseillés pendant les phases de préparation.
Sur le plan de l’exactitude historique, les yeux les plus experts remarqueront un détail de taille : la véritable PV444 ayant servi de base aux élégantes transformations de Valbo possédait le fameux pare-brise scindé en deux parties (« split-window »). La pièce fournie par Miniaturen Manufaktur présentant parfois une baie d’un seul tenant, les puristes devront ajouter un fin profilé plastique vertical avant la pose du vernis et du rhodoïd. Ce genre de petite correction fait partie intégrante du charme du modélisme artisanal au 1:87, offrant au final une pièce exclusive au sein d’une vitrine dédiée aux classiques suédoises.




