À la fin des années 2000, le marché de la miniature automobile a connu une véritable révolution avec l’essor des modèles artisanaux industriels en résine. En première ligne de cette transformation, l’artisan néerlandais Neo Scale Models s’est taillé une place de choix dans le cœur des amateurs de la marque suédoise. Après les premières vagues d’annonces que nous évoquions dans notre volet précédent consacré aux prototypes Neo, le catalogue s’est soudainement enrichi d’une avalanche de références particulièrement attendues au 1:43.
Une salve inédite : les grandes routières et utilitaires à l’honneur
Pendant de longues années, les passionnés de Volvo ont dû composer avec d’importants manques dans les collections grand public. Les séries 900, par exemple, étaient curieusement délaissées par les grands fabricants industriels de die-cast, qui se focalisaient essentiellement sur les berlines contemporaines ou les gloires sportives comme la 850. Neo a pris le contre-pied absolu en programmant simultanément les déclinaisons berline et break des Volvo 940 GL et 960 millésime 1992.
Ce déploiement a permis aux collectionneurs de contempler les nuances esthétiques entre les versions à quatre et six cylindres :
- Volvo 940 GL berline et Estate (1992) : reproduites en teintes classiques (gris argent, bleu nuit métallisé, rouge vif ou encore gris anthracite), ces variantes incarnaient la quintessence du break familial robuste et anguleux.
- Volvo 960 berline et Estate (1992) : arborant des finitions plus statutaires avec leur calandre spécifique, déclinées en vert métallisé, noir profond et bordeaux foncé.
- Volvo 145 (1971) : un grand classique des breaks historiques, enfin proposé dans des teintes d’époque fidèles telles que le vert sombre et le rouge brique.
- Volvo 164 (1969) : la prestigieuse berline à six cylindres et face avant proéminente, déclinée en or métallisé, bordeaux et vert foncé.
- Volvo PV445 Duett (1956) : le pionnier des breaks polyvalents décliné en élégantes livrées bicolores (bleu-gris, rouge-gris).
La résine face au métal blanc : le duel Neo contre Robeddie
L’arrivée de ces modèles commercialisés à l’époque aux alentours d’une cinquantaine d’euros a déclenché des débats passionnés au sein de la communauté. D’un côté, le rendu visuel de Neo apportait une finesse spectaculaire : joncs de vitres ultra-fins réalisés en photodécoupe, feux arrière translucides d’un grand réalisme, essuie-glaces ciselés et peintures au brillant parfait. Visuellement, ces miniatures semblaient renvoyer les anciennes productions au rang de jouets d’une autre époque.
Cependant, face à cette débauche de détails technologiques, de nombreux puristes ont maintenu leur attachement indéfectible aux modèles traditionnels. Consulter une compilation des modèles Robeddie permet de comprendre immédiatement ce contraste : là où Neo propose une finesse aérienne mais fragile, Robeddie offre le poids rassurant, l’authenticité et la pérennité du métal blanc. Nombreux étaient les collectionneurs à s’interroger sur le vieillissement des résines collées face à des pièces en white metal conçues pour traverser les décennies sans altération.
« Les miniatures Dinky et Tekno se collectionnent encore avec ferveur un demi-siècle après leur sortie ; qu’adviendra-t-il des fragiles assemblages en résine dans trente ans ? »
Les écueils de jeunesse et le recul du collectionneur
Avec le recul dont nous disposons aujourd’hui, les inquiétudes exprimées lors des premières sorties n’étaient pas infondées. Les vitrages latéraux en plastique souple (rhodoïd) appliqués par collage ont parfois souffert des variations d’hygrométrie et de température, se décollant aux angles sur les séries 240 et 700. De plus, le service après-vente du fabricant s’avérait inexistant pour les particuliers constatant des défauts d’assemblage en sortie de boîte, contraignant les acheteurs à une minutieuse inspection chez leur détaillant.
Parallèlement, la concurrence s’organisait sur d’autres segments, comme le montraient les prévisions Minichamps pour 2008, privilégiant la robustesse du zamak injecté mais avec un calendrier de nouveautés bien plus conservateur.
Un patrimoine miniature incontournable
Malgré ces fragilités structurelles inhérentes au procédé de fabrication en petite série, il faut reconnaître à Neo Scale Models une audace stylistique remarquable. Sans cette vague de prototypes concrétisés à l’échelle 1:43, la vitrine des passionnés de la marque suédoise serait orpheline de carrosseries emblématiques. Les 960 Phase 1 et les breaks 145 demeurent, aujourd’hui encore, des références recherchées dont la prestance en vitrine ne laisse aucun amateur de briques de Göteborg indifférent.




