Bien que le constructeur suédois n’ait jamais commercialisé de version découvrable de sa célèbre 120, le mythe de la décapotable scandinave reste vivace. Entre les rares réalisations de carrossiers indépendants — au premier rang desquels figure le Belge Jacques Coune — et les créations artisanales, l’envie d’admirer une découvrable sur ses étagères incite régulièrement les collectionneurs à sortir la scie et les limes. Comme nous l’avions déjà abordé dans notre étude dédiée à l’Amazon cabrio, franchir le pas de la transformation artisanale au 1/43 exige rigueur et méthode.
Sélectionner la bonne miniature donneuse
Le choix de la base est déterminant pour la réussite du projet. Les moules industriels diffèrent grandement par leur fidélité et leur conception :
- Minichamps : Propose une ligne générale très équilibrée, des montants de pare-brise fidèles et une gravure fine, mais son alliage dense demande une découpe particulièrement précautionneuse.
- Schuco : Affiche une belle présence, mais son pare-brise apparaît légèrement plus étroit en hauteur et la partie supérieure du montant se révèle souvent trop massive une fois le toit retiré.
- Cararama ou bases presse : Plus économiques pour un premier essai, bien qu’elles nécessitent un travail de reprise plus important sur les accessoires et l’accastillage.
La délicate ablation du pavillon
La découpe du toit doit être anticipée avec minutie. Sur une berline deux portes transformée en cabriolet, la zone la plus critique demeure l’entourage du pare-brise. Si vous choisissez de conserver les déflecteurs triangulaires latéraux, veillez à ne pas affaiblir les montants de custode avant. Une fois le toit sectionné, le sommet de la baie de pare-brise doit être soigneusement raboté pour affiner la silhouette et supprimer l’épaisseur initiale du pavillon embouti.
La question du vitrage de remplacement s’avère tout aussi stratégique : adapter une feuille de rhodoïd thermoformée ou retailler le vitrage d’origine sont deux approches possibles. Si vous hésitez sur le choix des matériaux, n’oubliez pas que l’espace d’entraide du repaire reste ouvert lorsque vos compétences sont demandées pour surmonter une difficulté technique d’atelier.
Finitions, chromes et couvre-capote
Après le décapage thermique ou chimique de la carrosserie, le travail des détails fait toute la différence entre un bricolage approximatif et une réalisation digne des séries limitées de petits artisans, à l’image des pièces façonnées par André Models of Sweden. Pensez notamment à :
- La mise en peinture : Un apprêt fin permet de déceler les micro-bulles ou irrégularités sur les zones meulées de la plage arrière avant l’application de la laque définitive.
- Les moulures latérales et monogrammes : Conserver ou réappliquer les joncs chromés d’ailes et le lettrage de capot sublime la ligne. Des bandes de photodécoupe ou du papier adhésif métallisé poli (Bare-Metal Foil) offrent un rendu bien supérieur à un simple trait de peinture argentée.
- Le couvre-capote : Sculpté dans du mastic bi-composant type Milliput, il doit simuler avec réalisme les plis de la toile repliée derrière la banquette arrière.
Prendre son temps reste la règle d’or pour réussir une telle métamorphose. Chaque reprise de ponçage garantit à votre Amazon Cabriolet faite maison une allure digne des plus grands carrossiers.
