Présenté au salon de Genève en 1977 pour célébrer le demi-siècle de la marque suédoise, le coupé 262C Bertone demeure l’une des silhouettes les plus singulières de Göteborg. Avec son pavillon surbaissé recouvert de vinyle et son habitacle garni de cuirs plissés, cette déclinaison luxueuse dérivée de la berline Volvo 244 a naturellement inspiré les réducteurs à l’échelle 1:43. Pourtant, selon les époques et les technologies employées, le résultat varie considérablement.
Trois philosophies de modélisme face à l’icône de Turin
Pour apprécier la diversité de notre passion, rien ne vaut une confrontation directe entre trois écoles : le traditionnel métal blanc artisanal anglais avec Rob Eddie, la résine de petite série allemande avec Esdo, et la finesse industrielle moderne en résine proposée par Neo Scale Models. Chacune de ces pièces apporte un éclairage singulier sur ce coupé Volvo 262 Bertone.
- Rob Eddie (millésime 1977) : fidèle à la tradition des ateliers Brooklin Models, bien connue des amateurs de la marque comme en témoigne la gamme Rob Eddie, la miniature impose une présence physique indéniable. Coulée en white metal massif, elle accuse un certain embonpoint dans ses lignes. Sa teinte bleue apparaît un peu trop éteinte, et l’absence d’essuie-glaces rapportés en métal photo-découpé trahit une conception ancienne mais robuste.
- Esdo (millésime 1982) : cette création confidentielle séduit par la grande finesse de sa gravure et le respect scrupuleux des proportions du toit surbaissé. Cependant, la nuance dorée métallisée manque un peu de saturation. Le point faible réside dans le vieillissement des vitrages : le plastique thermoformé a tendance à s’opacifier avec les années, masquant les aménagements intérieurs.
- Neo Scale Models (millésime 1981) : réalisée en résine injectée de haute précision, cette version or métallisé (également déclinée en bleu vif à toit noir) frappe par son acuité visuelle. Les blocs optiques arrière striés, les joncs chromés ultrafins et les balais d’essuie-glaces rapportés placent la barre très haut en matière de réalisme.
Habitacles et finitions : le souci du détail
Le traitement de l’habitacle est souvent le juge de paix sur un coupé aussi somptueux que la 262C. C’est ici que les surprises apparaissent. Le célèbre cuir italien façon capitonnage plissé, signature visuelle des vraies voitures d’époque, n’est paradoxalement bien retranscrit en relief que par Rob Eddie. Esdo et Neo ont curieusement opté pour une sellerie à l’aspect lisse, historiquement discutable.
En revanche, Neo Scale Models prend une revanche éclatante sur les contre-portes : la reproduction des boiseries laquées et des textures des panneaux intérieurs y est bluffante de minutie, visible à travers des vitrages parfaitement limpides. À l’instar d’autres initiatives artisanales comme la 262 Bertone en résine de chez JMK, chaque fabricant a dû composer entre compromis techniques et coûts d’outillage.
Bilan pour le collectionneur
Si la reproduction Neo Scale Models s’impose sans peine pour le réalisme des optiques et la finesse globale de la silhouette, attention à la régularité d’assemblage : les délimitations du pavillon vinyle et la pose des décalcomanies chromées exigent une inspection minutieuse avant achat. Les amoureux de modèles de collection lourds et intemporels garderont une tendresse justifiée pour le charme brut de la Rob Eddie, tandis que l’Esdo reste une curiosité historique convoitée sur le marché de la seconde main.




