Volvo PV36 Carioca 1935 au 1/43 : Analyse de la reproduction RobEddie par Brooklin Models

Dévoilée au printemps 1935, la Volvo PV36 — affectueusement surnommée Carioca en hommage à la danse brésilienne alors en vogue — demeure l’une des créations les plus fascinantes de Göteborg. Fortement influencée par les travaux aérodynamiques américains de l’époque, notamment la Chrysler Airflow, elle rompait radicalement avec le conservatisme des productions antérieures. Fabriquée à seulement cinq cents exemplaires en version berline d’usine, elle constitue une légende dont la descendance directe inspirera les lignes plus sages de la Volvo PV51 ainsi que la transition d’après-guerre menant à la Volvo PV60.

L’interprétation en métal blanc signée RobEddie

Le fabricant artisanal britannique Brooklin Models, à travers sa prestigieuse série RobEddie dédiée aux automobiles scandinaves, a immortalisé ce modèle d’exception à l’échelle 1/43. Fidèle à la tradition des miniatures en white metal assemblées à la main, cette réplique impose immédiatement le respect par son poids conséquent et son toucher massif, caractéristiques très appréciées des collectionneurs d’artisanat d’art.

La silhouette générale de la Carioca est remarquablement restituée. Les ailes avant enveloppantes intégrant les projecteurs profilés, les jupes d’ailes arrière masquant les roues motrices et la spectaculaire calandre bombée sont sculptées avec une précision chirurgicale. Les proportions respectent l’élégance lourde et avant-gardiste voulue à l’époque par l’ingénieur Ivan Örnberg.

Le dilemme des versions : Teinte d’époque contre niveau de détails

RobEddie a décliné la PV36 en plusieurs tirages au cours de son histoire, plaçant le collectionneur face à un choix cornélien :

  • La première version chocolat : Elle arbore un laquage brun foncé profond, parfaitement représentatif des nuanciers proposés par Volvo en 1935. Sa laque généreuse et soignée met magnifiquement en valeur les galbes de la carrosserie. En revanche, son niveau de finition trahit l’âge de son moule initial : les balais d’essuie-glaces restent intégrés au pare-brise coulé, et les baguettes latérales ne bénéficient pas d’un traitement chromé séparé.
  • Les rééditions ultérieures : Dotées d’éléments rapportés plus fins (essuie-glaces photodécoupés, poignées et baguettes soulignées de chrome), ces variantes profitent d’un outillage affiné. Toutefois, leurs livrées — à l’image d’un vert métallisé parfois controversé — s’écartent davantage de la stricte vérité historique.

Ambiance intérieure et éléments roulants

Le traitement de l’habitacle témoigne d’un réel souci d’authenticité. La planche de bord peinte reçoit des cadrans lisibles et une gravure soignée. Bien que la sellerie présente le grain satiné caractéristique du matériau synthétique utilisé pour le moulage de l’aménagement, l’atmosphère feutrée des années trente est fidèlement suggérée. Du côté des trains roulants, les pneumatiques à flancs blancs impeccablement délimités enserrent des jantes pleines munies de leurs enjoliveurs chromés d’origine.

Pour les passionnés de carrosseries spéciales, rappelons que cette base mécanique servit également à la réalisation d’un unique cabriolet carrossé par Nordbergs, lui aussi convoité des miniaturistes sous la référence Volvo PV36 Cabriolet. Dans sa livrée berline d’origine, cette pièce RobEddie reste un témoignage indispensable dans toute vitrine dédiée aux racines du constructeur suédois.