Dans le monde des miniatures Volvo, l’histoire officielle est bien balisée par les grands noms comme Kirk, Rob-Eddie, Minichamps ou Stahlberg. Pourtant, au détour de brocantes ou de lots oubliés sur des plateformes d’enchères, les passionnés dénichent régulièrement des modèles déroutants, dépourvus de marquages clairs ou affichant des caractéristiques techniques hors normes. Après avoir exploré plusieurs pistes dans notre volet précédent sur les producteurs inconnus, notre communauté s’attarde ici sur trois pièces énigmatiques particulièrement captivantes.
L’étonnante Volvo P1900 Sport en plastique et tôle
La Volvo Sport P1900, roadster en fibre de verre produit à seulement 67 exemplaires dans la réalité, a toujours inspiré les fabricants de jouets par son exotisme scandinave. Toutefois, une pièce insolite venue du Japon intrigue les connaisseurs. Alors que les ateliers tokyoïtes de l’après-guerre nous ont habitués aux carrosseries embouties — comme en témoignent les Volvo en tinplate d’Asahi —, cette miniature adopte une fabrication composite extrêmement rare :
- Dimensions et poids : 13 cm de long sur 5 cm de large pour un poids plume de 54 grammes.
- Conception hybride : Une coque extérieure entièrement moulée en plastique rigide montée sur un plancher et un aménagement intérieur en tôle lithographiée (tinplate).
- Propulsion : Un mécanisme classique à friction entraînant les roues arrière.
- Détails intérieurs : La planche lithographiée révèle un pédalier embouti orienté pour une conduite à droite, trahissant la réutilisation astucieuse d’un outillage conçu à l’origine pour le marché intérieur japonais.
Bien que la calandre soit une interprétation libre et simplifiée par rapport à la véritable face avant de la P1900, ce modèle constitue un témoignage fascinant de la transition technologique des fabricants de jouets nippons, passant progressivement de la tôle au plastique à la fin des années 1950.
L’ensemble nautique : le break sans pedigree
Autre énigme fréquemment rencontrée au fond des caisses de collectionneurs : un grand break en plastique basique estampillé sobrement « Made in China » sous son châssis. Arborant une allure de « City Wagon », ce modèle intègre un aménagement arrière spécifique avec roue de secours apparente et bagages moulés dans la masse, souvent teinté d’une couleur d’habitacle monochrome. Cette miniature était vendue accompagnée d’une remorque tractant un bateau à moteur. Typique des jouets de bazar distribués à grande échelle sous blister dans les années 1980 et 1990, elle témoigne de la diffusion mondiale des lignes Volvo, même sur les productions anonymes d’entrée de gamme.
La Volvo 760 Majorette en habit de taxi suédois
Majorette a immortalisé la Volvo 760 GLE à l’échelle 1:60 à travers d’innombrables déclinaisons civiles ou de secours. Cependant, une version spécifique continue d’interpeller les amateurs : un exemplaire arborant une livrée de taxi suédois officiel, complété à bord par deux figurines de passagers visibles à travers le vitrage.
S’agit-il d’un tirage promotionnel d’époque commandé pour le marché scandinave ? D’une commande spéciale intégrée à la gamme des goodies Volvo destinés aux concessions d’Europe du Nord, ou d’une réalisation artisanale particulièrement soignée ? La présence de ces personnages assis dans l’habitacle rompt en tout cas avec les standards habituels de la production de série de l’usine lyonnaise.
L’inventaire de ces perles rares reste ouvert. Si vous possédez dans vos vitrines une variante similaire ou un emballage d’origine permettant de lever le voile sur ces fabricants, n’hésitez pas à partager vos trouvailles avec le club.




