Dans le sillage de notre premier point d’étape sur le catalogue 2010, les déclinaisons tant attendues de la vénérable série 700 au 1/43 arrivent enfin sur nos étagères. Les passionnés de la brique suédoise attendaient Minichamps au tournant, notamment pour voir si le réducteur d’Aix-la-Chapelle parviendrait à retranscrire avec fidélité les lignes cubiques, franches et majestueuses dessinées par Jan Wilsgaard. L’arrivée conjointe de la berline 744 et du break 745 apporte un éclairage passionnant sur les choix de finition du fabricant allemand.
Une livrée vert clair argenté qui sublime les arêtes
La première mouture de la berline 744, parue dans un rouge vif assez flatteur mais un brin classique, laissait une impression mitigée sur le traitement des reliefs. Cette nouvelle variante habillée d’un vert clair argent métallisé (une nuance très proche du célèbre Silver Green Metallic du nuancier officiel d’époque) transforme complètement la perception de la miniature. Les pigments fins du vernis accrochent la lumière sur l’arête dorsale et les hanches prononcées des ailes arrière, soulignant sans lourdeur les baguettes latérales et les joncs d’entourage de vitres.
Sur le break 745, le rendu est tout aussi convaincant. Minichamps a parfaitement calibré l’équilibre de l’assiette et le profil du hayon vertical, deux écueils récurrents dans la reproduction des breaks routiers des années 1980, une décennie également marquée par l’audace de la Volvo 480 ES aux lignes totalement opposées.
Minichamps face à Neo Scale Models : deux philosophies du 1/43
Le débat fait rage dans les vitrines de collectionneurs suédois et internationaux : faut-il préférer l’approche Minichamps ou celle de Neo Scale Models ? Le fabricant néerlandais, spécialiste de la résine haut de gamme, propose indéniablement des détails en photodécoupe plus acérés, des entourages de phares d’une finesse extrême et des essuie-glaces presque invisibles. En contrepartie, le contrôle qualité de Neo s’avère parfois capricieux : vitrages thermoformés mal plaqués, collages baveux ou géométrie vrillée au fil du temps.
Minichamps oppose à cela la noblesse et l’endurance du métal injecté (die-cast). Les ajustements de carrosserie sont millimétrés, le vernis présente un tendu exemplaire exempt de micro-bulles et la robustesse générale garantit une tenue parfaite au fil des décennies. La finesse des gravures n’atteint pas l’ultra-précision d’une résine artisanale, mais l’homogénéité globale du modèle et sa prise en main inspirent une confiance sans égale.
Le mystère des dossiers de sièges noirs
L’observation minutieuse de l’habitacle de la berline 744 réserve une interrogation récurrente : pourquoi l’arrière et les flancs des assises avant sont-ils moulés ou peints en noir, alors que les assises arborent une sellerie claire ? Deux hypothèses s’affrontent parmi les érudits de la marque :
- La fidélité au catalogue d’origine : sur certaines exécutions GL et GLE du milieu des années 80, Volvo habillait la coque arrière rigide des dossiers d’un vinyle noir texturé très résistant, afin d’éviter les traces de pas laissées par les passagers arrière, créant ainsi un contraste marqué avec le tissu de l’assise.
- Le compromis industriel : Minichamps utilise souvent un châssis intérieur combinant plusieurs pièces emboîtées. Un panachage de teintes lors du processus de tampographie ou une simplification de moule peut expliquer cette démarcation abrupte.
Quelle que soit la réponse définitive, ces Volvo 744 et 745 confirment la belle forme de Minichamps en cette année 2010, offrant aux amateurs de jeunes classiques scandinaves des modèles équilibrés, élégants et particulièrement durables.




