Job Model : l’énigme des kits en métal blanc pour Volvo 121 et PV544

Kit miniature en métal blanc d'une Volvo Amazon représentant les fabrications artisanales Job Model

Dans l’univers des miniatures scandinaves au 1:43, certains fabricants ont laissé une empreinte indélébile par leur prestige, tandis que d’autres demeurent enveloppés d’un épais mystère. C’est précisément le cas de Job Model, une marque artisanale confidentielle apparue au cours de la première moitié des années 1980 (les sources oscillent entre 1980 et 1985). Destinés aux modélistes chevronnés capables d’ébavurer, d’ajuster et de peindre des tirages bruts, ces kits en métal blanc (white metal) offrent un témoignage brut et émouvant de l’artisanat miniature de l’époque.

Une gamme artisanale dédiée aux classiques suédois

Le catalogue répertorié de Job Model s’articule autour des silhouettes les plus emblématiques de Göteborg. Si la numérotation exacte a parfois suscité des confusions sur les bourses d’échange en raison d’inscriptions gravées de façon disparate sur les châssis, plusieurs références phares ont été formellement identifiées par les collectionneurs :

  • N° 5 : Volvo 121 / Amazon – berline tricorps coulée d’un seul bloc pour la carrosserie principale.
  • N° 6 : Volvo P210 Duett Panel Van – version utilitaire tôlée sans fenêtres latérales arrière.
  • N° 7 : Volvo PV 544 – berline « dos rond » légendaire.
  • Référence non confirmée : Volvo P1800 – mentionnée dans plusieurs listes d’époque mais d’une rareté absolue sur les étagères.

Comme d’autres initiatives de l’ère du métal blanc, à l’instar des créations de Hostaro sur la série 300, Job Model s’adressait à une clientèle de niche qui ne trouvait pas son bonheur dans la production industrielle de grande série.

Particularités et caractéristiques techniques des tirages

Ce qui frappe immédiatement l’amateur découvrant une miniature Job Model non montée, c’est son dépouillement radical. À l’exception notable de la PV 544 — qui bénéficiait d’un aménagement intérieur sommaire comprenant une banquette, un volant et une ébauche de planche de bord —, les autres modèles de la gamme étaient généralement livrés sans habitacle et dépourvus de vitrages thermoformés. Les encadrements de fenêtres restent entièrement ajourés, laissant au modéliste le soin de fabriquer ses propres vitres en rhodoïd.

Le moulage de la carrosserie témoigne d’un procédé par gravité typique des petits ateliers : des lignes de jointure parfois épaisses, de petites déformations structurelles (notamment sur les pavillons fins) et un état de surface réclamant un ponçage préparatoire méticuleux. En revanche, certains détails surprennent positivement : les jantes métalliques affichent un dessin fidèle aux roues en tôle d’origine, et la liaison mécanique entre la coque et la plaque de base révèle un ajustage satisfaisant compte tenu des moyens employés.

Confrontation d’échelles : Job Model face aux références

Placer une PV 544 Job Model aux côtés d’une réalisation signée Tin Wizard ou d’une miniature industrielle moderne comme celle diffusée par Altaya met en lumière les choix géométriques du sculpteur original. Si la face avant et le capot moteur conservent des cotes relativement proches des standards du 1:43, la partie arrière diverge nettement. La courbure du coffre de Job Model apparaît plus plongeante, et les dimensions des custodes arrière modifient sensiblement la posture globale de la voiture comparée aux lignes traditionnelles de la Volvo PV 444 et de sa descendance.

Quant à la Volvo 121, elle rivalise de charme brut avec d’autres raretés artisanales de la même période, telles que la célèbre Volvo Amazon par Tonic. Aujourd’hui, dénicher un kit Job Model complet dans sa boîte d’origine relève de l’exploit. Ces miniatures constituent des témoins précieux d’une époque charnière où collectionner une Volvo au 1:43 exigeait autant de patience que d’habileté manuelle.

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