Lorsque la toute première automobile quitte les ateliers de Lundby le 14 avril 1927, Volvo pose les bases de son identité mécanique avec l’ÖV4 surnommée affectueusement Jakob. Si le cabriolet à carrosserie ouverte constitue l’image d’Épinal de cet acte de naissance, la marque scandinave comprend immédiatement la nécessité de proposer des déclinaisons adaptées aux besoins professionnels. C’est ainsi que voit le jour une variante pick-up particulièrement rustique, essentielle au développement économique des services publics suédois de l’entre-deux-guerres.
L’artisanat britannique au service du patrimoine suédois
Dans l’univers du modèle réduit d’exception, les amateurs d’anciennes doivent une fière chandelle à la firme anglaise Somerville. Réputé pour ses créations en métal blanc lourd (white metal), cet artisan s’est penché avec une grande minutie sur les premières productions de Göteborg. Aux côtés de la torpédo classique, que l’on retrouve détaillée dans notre article sur l’ÖV4 Jakob par Somerville, l’artisan a décliné une déclinaison à benne ouverte sous la référence catalogue SS3.
Proposée aussi bien sous la forme de modèles montés en usine qu’en boîtes de kits bruts à assembler, cette miniature au 1/43 capture fidèlement la silhouette archaïque du pick-up : un capot moteur fendu caractéristique flanqué du logo au cercle et à la flèche, un pare-brise plat vertical et une caisse arrière à ridelles en bois fidèlement reproduite par le moulage.
La quête du Graal : la version Telegrafverket
Parmi les variantes les plus recherchées figure la livrée officielle de Telegrafverket, l’administration royale des télégraphes et téléphones suédois. Véritable outil de travail parcourant les pistes enneigées pour entretenir le réseau de communication national, ce véhicule d’intervention arborait une livrée sobre et utilitaire. Pour les passionnés de modèles réduits Volvo, posséder cet exemplaire spécifique relève d’une chance insolente : la production de la référence SS3 fut particulièrement restreinte, et les versions montées arborant les marquages d’époque s’échangent aujourd’hui à des cours très élevés lors des ventes spécialisées.
Face à cette rareté, nombreux sont les amateurs qui tentent de dénicher un kit non monté pour s’offrir le plaisir d’un assemblage artisanal soigné. Pour découvrir d’autres facettes de cette fabrication anglaise culte, consultez également notre dossier sur l’ÖV4 Jakob Pick-up par Somerville.
Le casse-tête des teintes et de la documentation historique
Monter un tel kit en métal blanc exige patience et rigueur technique. La préparation des pièces requiert un ébavurage attentif, un polissage soigné et l’application d’un apprêt spécifique pour métaux lourds. Mais le véritable défi réside bien souvent dans la fidélité historique des teintes. En 1927, les archives techniques de la marque ne consignaient pas toujours les formules de peinture selon les standards RAL contemporains. Tandis que la torpédo d’inauguration bénéficiait d’un bleu marine profond (« Jakob Blue ») contrasté par des ailes noires, les exemplaires utilitaires adoptaient souvent des tons plus discrets ou des finitions grises industrielles réservées aux commandes de l’État.
Retrouver les correspondances exactes des nuanciers d’avant-guerre mobilise régulièrement les passionnés dans notre section de documentation recherchée. Entre l’application d’une peinture cellulosique satinée et la patine du plancher en bois, redonner vie à ce pick-up ÖV4 constitue un travail d’orfèvre qui récompense largement les collectionneurs exigeants.




