Dans l’histoire du constructeur suédois, la Volvo Sport, plus communément appelée P1900, fait figure d’exception absolue. Conçue avec une carrosserie en fibre de verre inspirée de la Chevrolet Corvette et produite à seulement 68 exemplaires entre 1956 et 1957 avant que Gunnar Engellau n’ordonne l’arrêt des frais, cette sportive décapotable n’a pas seulement marqué les archives de Göteborg : elle a également donné naissance à l’un des jouets en tôle les plus singuliers de l’âge d’or japonais.
Une pépite japonaise signée Asahi Toy Co. (KS)
À la fin des années 1950, l’industrie du jouet nippon est en pleine effervescence. Des firmes comme Bandai, Marusan ou Asahi Toy Co. Ltd. (ATC) inondent les marchés occidentaux avec des modèles en fer-blanc lithographié d’une finesse remarquable. C’est sous le label KS (souvent associé à Kosuge ou à des sous-traitants prestigieux d’Asahi) que cette P1900 voit le jour, à une échelle proche du 1:24 (environ 21 centimètres de long).
Trouver un fabricant tokyoïte s’intéressant à une automobile scandinave aussi confidentielle relève presque du miracle. Cette curiosité rappelle la démarche d’autres grands noms de l’archipel, à l’image de la Volvo 144 de chez Bandai produite au Japon quelques années plus tard, mais le choix de reproduire le roadster P1900 reste bien plus inattendu.
Caractéristiques et mécanique : l’ingéniosité du fer-blanc
Ce modèle ne se contente pas d’être une simple miniature décorative : il incarne toute la magie des jouets mécaniques de son époque. On retrouve une silhouette généreuse qui restitue fidèlement les galbes si particuliers de la P1900, sa calandre verticale grillagée et ses petits ailerons arrière.
- Matériaux et finition : Carrosserie en tôle emboutie, intérieur lithographié avec volant rapporté, pare-brise transparent cerclé de métal chromé et pneus en caoutchouc souple montés sur enjoliveurs métalliques.
- Variantes de couleur : Le modèle est apparu principalement dans un superbe bleu ciel pastel typique de l’époque, ainsi que dans un rouge carmin éclatant et, plus rarement, en blanc cassé.
- Mécanisme de commande : L’une des particularités les plus recherchées réside dans son système de guidage. Certaines versions intègrent un levier articulé positionné directement au niveau de la portière droite, permettant de commander les roues directrices ou de gérer les fonctions de marche du moteur à friction interne.
Pour les amateurs curieux d’échapper au traditionnel zamak européen, explorer ces pièces permet de porter un autre regard sur les Volvo dans les autres échelles que le classique 1:43.
Cote et état : pourquoi de tels écarts de prix ?
Entre les ventes records dépassant les 500 dollars et certaines transactions bouclées autour d’une centaine d’euros sur les sites d’enchères, les collectionneurs s’interrogent souvent sur la valeur réelle d’une P1900 KS. Plusieurs facteurs déterminent cette volatilité :
Dans l’univers du jouet mécanique en tôle, l’absence de rouille superficielle, l’intégrité du pare-brise en rhodoïd et la présence de la boîte illustrée d’origine peuvent décupler la valeur d’une pièce du jour au lendemain.
Un exemplaire fatigué, dont la friction est bloquée ou les chromes piqués, se négociera à un tarif abordable auprès d’amateurs avertis. En revanche, un modèle « Mint in Box » (neuf en boîte) avec son emballage carton aux superbes graphismes d’époque attire immédiatement les spécialistes mondiaux du jouet vintage, faisant s’envoler les enchères. Cette quête de pièces exotiques illustre à quel point l’histoire miniature de la marque regorge d’anomalies fascinantes, une démarche comparable à la recherche d’une P1800 par un producteur argentin méconnu.
Que vous la croisiez en bourse d’échange sous sa robe rouge rubis ou son bleu suédois, la P1900 Sport d’Asahi Toy demeure une pièce maîtresse pour tout passionné souhaitant conjuguer la rareté historique de la vraie voiture avec le charme inimitable du jouet japonais d’après-guerre.




