L’âge d’or du jouet en tôle, communément appelé tinplate, a vu fleurir d’innombrables reproductions d’automobiles américaines et européennes. Si les berlines d’outre-Atlantique et les sportives britanniques ont largement colonisé les ateliers tokyoïtes de l’après-guerre, les créations scandinaves y demeurent infiniment plus discrètes. Pourtant, les amateurs de la marque suédoise tombent parfois en arrêt devant une pièce hautement insolite : une miniature de la Volvo PV 444 de 1957 conçue au Japon, animée par un système à friction.
Une échelle proche du 1/43 et une conception typique des fifties
Avec une longueur hors-tout d’environ 105 mm, cette reproduction s’intercale harmonieusement dans la catégorie des miniatures au format 1/40 à 1/43 (la véritable berline mesurant 4,45 m). C’est une échelle relativement peu courante pour les modèles japonais de cette époque, qui privilégiaient souvent de grands gabarits au 1/18 ou au 1/20.
Le traitement du jouet traduit tout le savoir-faire des artisans nippons des années 1950 et 1960 :
- Une carrosserie en tôle emboutie dont le galbe reprend fidèlement la silhouette de « dos de scarabée » propre à la PV 444.
- Un châssis serti intégrant un moteur à friction robuste qui entraîne l’essieu arrière.
- Des lithographies soignées soulignant les baguettes latérales, les poignées de porte ainsi que l’entourage des vitrages.
- Des roues en tôle agrafée ou pourvues de petits pneus en caoutchouc souple selon les tirages.
Des variantes de calandre et de teintes à la loupe
L’observation méticuleuse des rares exemplaires répertoriés révèle l’existence de plusieurs séries distinctes. Les collectionneurs chevronnés ont mis en évidence deux configurations bien nettes pour la face avant :
La première version arbore une calandre simplifiée à barrettes horizontales, tandis que la seconde présente une trame grillagée plus complexe, directement inspirée de l’évolution stylistique de la PV 444 introduite par Göteborg en 1957 (notamment sur la PV 444 L). Côté carrosserie, le nuancier s’articule autour de teintes bleues, oscillant d’un bleu pastel typique des fifties à un bleu roi nettement plus soutenu.
Ces divergences indiquent que la matrice d’emboutissage ou la plaque de lithographie a connu au moins une révision en cours d’exploitation, attestant d’une production suivie et non d’un simple tirage artisanal isolé.
Sur la piste du fabricant : l’ombre de Bandai ?
Comme bien des jouets d’exportation de cette période, la miniature ne porte souvent que la mention laconique « Made in Japan », sans logo explicite de fabricant. Le nom de Bandai revient régulièrement lors des discussions entre passionnés. On sait que la célèbre firme tokyoïte s’est penchée sur la production suédoise, comme le prouve la célèbre Volvo 144 de chez Bandai produite au Japon ou ses somptueuses Volvo Amazon à plus grande échelle.
Toutefois, d’autres acteurs majeurs de l’industrie du jouet nippon — tels qu’Ichiko, Nomura (TN) ou Asahi Toy (ATC) — alimentaient également les marchés occidentaux. Cette énigme rappelle d’autres trouvailles insolites d’Extrême-Orient, à l’image d’une surprenante VOLVO 164 made in japan qui continue d’intriguer les passionnés.
Valeur patrimoniale et conseils pour collectionneurs
Alors que la plupart des passionnés se tournent vers les modèles promotionnels historiques en plastique comme la rarissime Volvo PV444 produite par Cerbo, cette version en tôle représente une alternative pleine de charme et d’authenticité. En quête d’un exemplaire ? Veillez particulièrement à l’absence de rouille perforante au niveau du sertissage du plancher et assurez-vous que le mécanisme d’inertie tourne librement sans forcer sur la pignonnerie.




