Dévoilée à l’aube du nouveau millénaire, la Volvo V70 Phase 2 a marqué un tournant esthétique majeur pour le constructeur suédois. Reposant sur la plateforme P2 inaugurée par la grande berline Volvo S80, ce break familial a su conjuguer les exigences légendaires de volume de chargement chères à la marque avec les lignes sculptées par le designer Peter Horbury. Très rapidement après son lancement à l’échelle 1, le fabricant allemand Paul’s Model Art, plus connu sous le label Minichamps, s’est emparé du modèle pour proposer une reproduction au 1/43 qui a rapidement trouvé sa place dans nos vitrines.
Une ligne fidèlement restituée par Minichamps
Le moule en zamak réalisé par l’artisan d’Aix-la-Chapelle restitue avec une remarquable justesse l’épaulement prononcé qui court des ailes avant jusqu’aux hanches arrières. Les proportions globales sont parfaitement respectées, capturant l’allure râblée et statutaire du break. On retrouve la silhouette caractéristique qui partageait sa face avant avec la sportive Volvo S60 commercialisée à la même époque.
Les pièces rapportées complètent avantageusement la carrosserie : la calandre sombre ceinte de chrome arbore fièrement le logo à la flèche, tandis que les rétroviseurs et les barres de toit longitudinales sont moulés avec finesse. Seul petit bémol récurrent sur cette production : les optiques arrière verticales, éléments identitaires de la V70, présentent au centre de chaque bloc une pastille de fixation noire un peu trop visible sous un éclairage direct, un compromis technique fréquent à l’époque de sa sortie.
L’épreuve de la peinture : le piège des paillettes
Si la forme du véhicule frise le sans-faute, l’application de la peinture métallisée suscite des avis plus partagés. La couleur choisie est élégante et correspond aux teintes du catalogue Volvo du millésime 2000, mais la granulométrie des paillettes métallisées s’avère un brin trop grossière pour une échelle aussi réduite. Sous certains angles, l’effet de scintillement rompt l’illusion d’échelle, contrastant avec le rendu parfaitement lisse que l’on attend d’une miniature haut de gamme de cette génération.
Un habitacle soigné et des trains roulants réalistes
Fidèle à ses bonnes habitudes, Minichamps a apporté un soin particulier à l’habitacle. La planche de bord orientée vers le conducteur est admirablement sculptée, les aérateurs et les commandes centrales étant bien définis. Le mobilier intérieur simule avec élégance les selleries cuir emblématiques de Göteborg. Les vitrages limpides permettent d’admirer les détails de la console, du volant multifonction et même du tunnel central.
Du côté des liaisons au sol, le travail est tout aussi sérieux :
- Jantes alliage : la gravure est tranchante et laisse entrevoir les disques et étriers de frein avec beaucoup de réalisme.
- Pneumatiques : en caoutchouc souple, ils adoptent une sculpture crédible et respectent la hauteur de flanc des montes d’origine.
- Assiette : la garde au sol est rigoureusement calibrée, conférant au break une posture équilibrée, ni trop basse ni artificiellement surélevée.
Cote et intérêt pour le collectionneur
Par rapport aux générations plus anciennes comme le duo 850 et Volvo S70, la V70 Phase 2 représente l’entrée de la marque dans l’ère moderne de sécurité passive et de confort feutré. Editée à l’origine en série limitée (notamment une variante à 1 200 exemplaires distribuée sous boîte vitrine classique), elle s’échangeait lors de sa parution autour d’une trentaine d’euros. Aujourd’hui, avec la raréfaction des moules Minichamps consacrés aux modèles scandinaves des années 2000, son attrait en seconde main ne faiblit pas et elle constitue une pièce maîtresse pour quiconque souhaite documenter l’évolution des grands breaks Volvo.



