Il y a des paradoxes qui prêtent à sourire dans l’univers de la collection : voir un véhicule des douanes faire lui-même l’objet d’un trafic de contrefaçons relève d’une ironie presque savoureuse. Pourtant, l’affaire a été prise très au sérieux lorsque le service de communication de l’Administration fédérale des douanes suisses a lui-même alerté la communauté des passionnés au sujet de copies frauduleuses circulant en ligne. La miniature concernée est une pièce emblématique : la Volvo V70 au 1/43 par Minichamps, éditée en série promotionnelle exclusive pour les services douaniers helvétiques.
Une série spéciale Minichamps particulièrement convoitée
Dans la grande tradition des modèles promotionnels réalisés par Minichamps (Paul’s Model Art) pour des entreprises ou des corps d’État, cette Volvo V70 break arborant la livrée spécifique des douanes suisses avait tout pour devenir un véritable graal. Produite à un tirage confidentiel, principalement remise aux agents ou offerte lors d’événements officiels, sa cote a rapidement grimpé auprès des amateurs de modèles d’intervention et de variantes rares de la marque suédoise.
Devant l’engouement du marché secondaire, notamment sur des plateformes comme eBay, des faussaires n’ont pas hésité à concevoir de pures contrefaçons en détournant des modèles civils réguliers. Ce phénomène rappelle que la quête des séries limitées exige un œil averti, qu’il s’agisse d’un break récent ou d’une 144 Police, par IXO.
Comment repérer une fausse V70 des Douanes suisses ?
Les copies repérées combinent généralement des bases authentiques de V70 civiles Minichamps repeintes ou simplement affublées de décalcomanies artisanales, le tout présenté dans un boîtage faussement numéroté pour tromper la vigilance de l’acheteur. Plusieurs indices permettent d’éviter le piège :
- La qualité des marquages : Le modèle original bénéficie d’une tampographie industrielle impeccable réalisée en usine. Les blasons, le lettrage bilingue et les bandes réfléchissantes sont parfaitement intégrés sous un vernis régulier. Sur les copies, il s’agit presque toujours de transferts à l’eau (decals) dont le film transparent périphérique reste visible en lumière rasante.
- La rampe lumineuse et les gyrophares : Sur la vraie édition officielle, les feux de toit sont injectés avec netteté, collés sans coulure et conformes aux équipements réels. Les contrefaçons emploient fréquemment des rampes génériques en résine ou en plastique grossier issues d’autres modèles donneurs.
- Le socle et le cartonnage : Bien que le socle d’origine Minichamps soit parfois réutilisé, la typographie du carton de fond ou de l’étiquette d’identification présente souvent des polices approximatives, des espacements anormaux ou l’absence du code de référence usine Minichamps dédié à la commande spéciale.
- La finition globale de la caisse : À l’image de la rigueur que l’on observe sur les modèles historiques comme la 855 Minichamps (tourisme), l’assemblage officiel est sans bavure, là où les transformations artisanales laissent voir des traces de manipulation au niveau des vitrages ou des rétroviseurs.
Nos conseils pour sécuriser votre achat
Face à un tarif trop attractif sur les sites d’enchères, méfiez-vous immédiatement. Les véritables modèles de dotation officielle ne se négocient que rarement en dessous de leur cote établie. Exigez toujours du vendeur des clichés macroscopiques nets des marquages de portières, de la rampe de toit et de l’étiquette collée sous le socle.
Les modèles suisses attirent toujours les passionnés de passage, qu’ils soient dénichés lors d’une bourse ou rapportés d’une visite à l’image des nouveautés découvertes au salon de Genève, comme relaté dans notre billet sur ce qui a été vu à Genève cette année. Restez vigilant : une pièce de prestige ne vaut que par son authenticité certifiée.




