Dans l’univers de la collection de modèles réduits, certaines années marquent les mémoires plus que d’autres. L’exercice 2008 restera indéniablement comme l’une de ces périodes charnières où les fabricants industriels et les artisans du haut de gamme ont enfin accordé au constructeur suédois la place qu’il méritait dans leurs plannings de sortie. Entre les catalogues prévisionnels de Minichamps, l’essor des résines de Neo Scale Models et le pavé dans la mare jeté par AutoArt au 1/18, les vitrines des passionnés s’apprêtaient à vivre une petite révolution.
Minichamps au 1/43 : grands classiques civils et monstres de piste
Le géant allemand d’Aix-la-Chapelle avait décidé de frapper fort en 2008, couvrant à la fois le patrimoine historique et le riche passé sportif de Göteborg. Le programme consacré aux carrosseries Amazon (série P120) annonçait une déclinaison variée : une P121 Vert Foncé, une berline bicolore bleu et gris clair particulièrement soignée, un break cinq portes, sans oublier la version suédoise sérigraphiée « Polis ».
Les amateurs de breaks de caractère avaient également de quoi se réjouir avec la confirmation d’une P1800ES en livrée Ocean Green et des 740 GL berline et break de 1986, des moules très attendus qui comblaient un vide flagrant dans le catalogue des briques des années quatre-vingt. Côté sport, l’hommage au sacre de Per Stureson au volant de sa redoutable 240 Turbo du team IPS Racing figurait en haut de la liste, pour les saisons DTM 1985 et 1986. Ces reproductions occupent aujourd’hui une place de choix pour tous les amateurs de voitures de course frappées de l’écusson scandinave. Une dynamique qui s’est d’ailleurs prolongée au fil des saisons, comme nous l’avions documenté dans l’analyse des prévisions Minichamps pour 2010.
L’avènement de Neo Scale Models : la résine s’installe
Parallèlement au métal traditionnel, le fabricant hollandais Neo confirmait sa volonté de reproduire des configurations scandinaves jusque-là réservées aux artisans du white metal. Leurs annonces pour 2008 comprenaient une magnifique 244 DL millésimée 1975 avec ses phares ronds typiques, un coupé 262C Bertone de 1977 au pavillon surbaissé recouvert de vinyle, ainsi qu’une 740 GL millésime 1984. Si les collectionneurs observaient avec circonspection la régularité des calendriers de livraison, la finesse des encadrements photodécoupés et le soin apporté à ces résines suscitaient un engouement évident, dans la lignée des quelques prototypes présentés chez Neo lors des salons internationaux.
Le tremblement de terre AutoArt : l’épopée de la 850 au 1/18
L’événement qui a véritablement enflammé la communauté en 2008 reste l’officialisation de la Volvo 850 chez AutoArt au 1/18. Pour la première fois, ce parpaing sportif d’anthologie allait bénéficier d’une conception « tout ouvrant » en métal sous les références 79501 à 79507. Le catalogue annonçait les versions berline et break en jaune T-Gul ainsi qu’en noir, accompagnées des légendaires bolides du championnat BTCC pilotés par Rickard Rydell (le break de 1994 et la berline de 1995).
L’annonce d’une variante break en robe rouge avait immédiatement alimenté les débats d’experts : s’agissait-il d’une liberté de carrossier ou de l’officialisation de la 850 R de 1996, la vraie T5-R originale n’ayant été déclinée d’usine qu’en Jaune T-Gul, Noir Pierre et Vert Olive foncé métallisé ?
L’autre sujet brûlant concernait la tarification. Facturées aux alentours de 90 à 120 euros selon les distributeurs européens, ces pièces avaient provoqué quelques sueurs froides parmi les collectionneurs habitués aux tarifs plus sages des années 1990. Rétrospectivement, compte tenu du niveau de précision atteint par AutoArt (charnières travaillées, feutrine intérieure, compartiment moteur tubé et lettrage 20 soupapes fidèle), ces modèles sont devenus d’inestimables pépites dont la cote a pulvérisé tous les records initiaux.




